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Chuchotements dans la nuit: chez les étranges êtres dissimulés des forêts du Vermont - nouvelle traduction par Ruth Szafranski by Howard Phillips Lovecraftpublie.net"The whisperer in the night." Un des plus grands Lovecraft, de ceux qui envahissent insidieusement les perceptions inconscientes. Bêtes morbides proliférant dans l'obscurité, et s'acharner à faire preuve de leur existence. Tout commence par de brutales inondations dans les zones sauvages et reculées du Vermont montagneux. Le mot essentiel du récit c'est "things", des "choses", mais le mot partout récurrent dans le récit passera sans cesse des êtres mystérieux à ses acceptions courantes. Comme toujours dans Lovecraft, le combat c'est avec la fiction elle-même. Non seulement la variation de tous les registres de style dans la correspondance du narrateur avec le personnage central, Henry Akeley, mais l'usurpation de son identité. Et, comme dans tout grand Lovecraft, prendre à bras le corps la modernité scientifique. On peut trouver désuet (mais quel incroyable rôle il leur donne) les instruments d'enregistrement et reproduction de la parole en 1927, mais il s'en prend aussi à Einstein: oui à la courbure de l'univers, mais est-ce que ça invalide des univers autres, et concomitants ? Et, magie ultime de prestidigitateur, le récit est censé se passer un an avant son écriture – entre temps, on a découvert Pluton, alors le récit embauche à son profit cette découverte pas encore faite, et qui viendra corroborer la peur et l'étrange. Maison solitaire, chirurgie spéciale, combats dans la nuit – tout vient ici, feutré, sous les pages. Mais il est bien réel qu'à l'été 1928 Lovecraft fit lui-même un voyage dans le Vermont et y fut accueilli chez un de ses compagnons nouvellistes des Weird Tales. Alors qu'elles sont belles, ces pages du voyage réel, en train puis en voiture (la voiture elle aussi son rôle, comme le téléphone et les horaires de train), de Boston jusqu'aux montagnes. Mais le grand art de Lovecraft, c'est de ne faire intervenir le voyage réel qu'à la moitié du récit, pour le faire basculer dans l'horreur une fois que tout le reste est prêt, et seulement alors. On vous y invite. Sz
"The whisperer in the night." Un des plus grands Lovecraft, de ceux qui envahissent insidieusement les perceptions inconscientes. Bêtes morbides proliférant dans l'obscurité, et s'acharner à faire preuve de leur existence. Tout commence par de brutales inondations dans les zones sauvages et reculées du Vermont montagneux. Le mot essentiel du récit c'est "things", des "choses", mais le mot partout récurrent dans le récit passera sans cesse des êtres mystérieux à ses acceptions courantes. Comme toujours dans Lovecraft, le combat c'est avec la fiction elle-même. Non seulement la variation de tous les registres de style dans la correspondance du narrateur avec le personnage central, Henry Akeley, mais l'usurpation de son identité. Et, comme dans tout grand Lovecraft, prendre à bras le corps la modernité scientifique. On peut trouver désuet (mais quel incroyable rôle il leur donne) les instruments d'enregistrement et reproduction de la parole en 1927, mais il s'en prend aussi à Einstein: oui à la courbure de l'univers, mais est-ce que ça invalide des univers autres, et concomitants ? Et, magie ultime de prestidigitateur, le récit est censé se passer un an avant son écriture – entre temps, on a découvert Pluton, alors le récit embauche à son profit cette découverte pas encore faite, et qui viendra corroborer la peur et l'étrange. Maison solitaire, chirurgie spéciale, combats dans la nuit – tout vient ici, feutré, sous les pages. Mais il est bien réel qu'à l'été 1928 Lovecraft fit lui-même un voyage dans le Vermont et y fut accueilli chez un de ses compagnons nouvellistes des Weird Tales. Alors qu'elles sont belles, ces pages du voyage réel, en train puis en voiture (la voiture elle aussi son rôle, comme le téléphone et les horaires de train), de Boston jusqu'aux montagnes. Mais le grand art de Lovecraft, c'est de ne faire intervenir le voyage réel qu'à la moitié du récit, pour le faire basculer dans l'horreur une fois que tout le reste est prêt, et seulement alors. On vous y invite. Sz
Le rêve d'Amanda Ruth by Michelle RichmondPocketL'Étranger: "L'Outsider", ou comment dire le pur effroi - nouvelle traduction par Ruth Szafranski by Howard Phillips Lovecraftpublie.netThe Outsider date de 1921. On y reconnaît les figures essentielles de Lovecraft, scène d’effroi, architectures fabuleuses, mise en avant dans le récit de la figure du narrateur, comme lieu même de la transgression fantastique. Mais la brièveté de ce texte lui donne un statut particulier : techniques du poème en prose, rigueur des constructions et du mouvement des phrases, netteté des coupures de paragraphe. C’est ainsi qu’on dépasse l’histoire d’épouvante pour atteindre à la parabole, la fable. Et parce que cette fable vaut toujours, The Outsider est pour tous les amoureux de Lovecraft un récit essentiel. À nouveau la révérence à Edgar Poe, côté du Masque de la mort rouge et du Portrait ovale. Dans la distance à la langue aussi, et c’est pour traduire le plus jouissif de Lovecraft : il écrit en 1920 dans une langue qu’il proclamait, disait-il, celle de deux cents ans plus tôt. C’est cette tension de la langue et du présent qui lui permet tous les reliefs, toutes les nappes. Le vocabulaire français est plus limité que l’anglais pour les mots qu’il utilise comme une percussion musicale, récurrente, ceux de l’effroi, l’horreur, le bizarre, le putride, le nauséeux, le moisi et tout cela. Mais si on pense à la musique et à ces récurrences, on a la surprise de phrases qui viennent en français épouser littéralement et exactement la phrase anglaise. On doit attendre longtemps, pour traduire. Savoir les architectures (qu’on soit attentif ici au travail sur la lumière), les déplacements, les parcours, les phrases par lesquelles change le statut même du réel. Enfin, qu’on ne serait pas amoureux ainsi de cette histoire si elle n’était pas aussi, en amont, un décryptage de l’apprentissage du monde par les livres, de ce qu’on met dans les livres pour s’imaginer le monde. Et c’est bien ce qui donne sa radicalité, sa puissance, à cette histoire : probablement parce que nous aussi préférons les livres, quitte à rester du côté de l’étranger. Ruth Szafranski
The Outsider date de 1921. On y reconnaît les figures essentielles de Lovecraft, scène d’effroi, architectures fabuleuses, mise en avant dans le récit de la figure du narrateur, comme lieu même de la transgression fantastique. Mais la brièveté de ce texte lui donne un statut particulier : techniques du poème en prose, rigueur des constructions et du mouvement des phrases, netteté des coupures de paragraphe. C’est ainsi qu’on dépasse l’histoire d’épouvante pour atteindre à la parabole, la fable. Et parce que cette fable vaut toujours, The Outsider est pour tous les amoureux de Lovecraft un récit essentiel. À nouveau la révérence à Edgar Poe, côté du Masque de la mort rouge et du Portrait ovale. Dans la distance à la langue aussi, et c’est pour traduire le plus jouissif de Lovecraft : il écrit en 1920 dans une langue qu’il proclamait, disait-il, celle de deux cents ans plus tôt. C’est cette tension de la langue et du présent qui lui permet tous les reliefs, toutes les nappes. Le vocabulaire français est plus limité que l’anglais pour les mots qu’il utilise comme une percussion musicale, récurrente, ceux de l’effroi, l’horreur, le bizarre, le putride, le nauséeux, le moisi et tout cela. Mais si on pense à la musique et à ces récurrences, on a la surprise de phrases qui viennent en français épouser littéralement et exactement la phrase anglaise. On doit attendre longtemps, pour traduire. Savoir les architectures (qu’on soit attentif ici au travail sur la lumière), les déplacements, les parcours, les phrases par lesquelles change le statut même du réel. Enfin, qu’on ne serait pas amoureux ainsi de cette histoire si elle n’était pas aussi, en amont, un décryptage de l’apprentissage du monde par les livres, de ce qu’on met dans les livres pour s’imaginer le monde. Et c’est bien ce qui donne sa radicalité, sa puissance, à cette histoire : probablement parce que nous aussi préférons les livres, quitte à rester du côté de l’étranger. Ruth Szafranski
Les Cinq rouleaux: Chant des chants, Ruth, Comme ou les Lamentations, Paroles du Sage, Esther by Henri MeschonnicGallimardLe Zohar : Livre de Ruth, suivi du "Fragment inconnu du Midrach ha-Néélam sur Ruth par Moché Idel VerdierLe Midrash Rabba sur Ruth : Suivi de Le Midrash Rabba sur Esther by Maurice MerguiEditions GallimardLa Bible D'Alexandrie, Tome 8: Ruth by Isabelle Assan-DhôteCerfLes rats dans les murs: passage définitif vers le monde souterrain de la folie - nouvelle traduction par Ruth Szafranski by Howard Phillips Lovecraftpublie.netCette fois, on est loin de Providence. On est dans la vieille Angleterre, ses ruines gothiques et ses fantômes. Et quand Lovecraft, comme d'habitude, remonte le temps, on trouvera les Romains et les druides. Mais ce n'est pas si simple. Edgar Poe aussi situait souvent ses histoires dans les légendes mystérieuses du vieux continent et ses brouillards. Pour lui, avec souvenir autobiographique de son enfance à Londres. Et Lovecraft donne très vite la couleur par rapport à Poe : le narrateur inclut Poe dans son patronyme, et comme c'est une histoire à faire peur, il prend le mot français, et le nom devient De la Poer. Quant aux ancêtres du narrateur, bien sûr c'est en Virginie qu'ils ont émigré (et c'est un beau morceau d'histoire américaine qui surgit, de la guerre de sécession à l'expansion industrielle de Boston, puis la participation américaine aux tranchées de la 1ère guerre mondiale. Attention : texte en reflets, texte trompeur. Logique imparable. Rien qui puisse jamais être pris en défaut dans la cohérence de chaque détail, chaque paragraphe. C'est la bonhomie, qui trompe : le narrateur, par rapport aux étranges visiteurs de Lovecraft, tout pétris de mystique, est un brave homme et ça s'entend dans sa façon de parler. Il y a des clichés (un petit patron de Boston à la retraite, ça ne pense pas comme Hegel, et encore moins comme les sombres éclaireurs de Lovecraft, Huysmans notamment). Mais c'est justement la façon de parler du bonhomme qui participe à la cohérence d'ensemble : il nous raconte honnêtement ce qu'il a vu et ce à quoi il a assisté. Et c'est probablement, ce respect phrase à phrase de toutes les nuances de Lovecraft dans cette majestueuse manipulation de strates très précises de la rhétorique ordinaire, qui était le défi de la traduction. Lovecraft ne parle pas ses textes: chaque bribe de langue est assignée à un temps, un usage, un locuteur précis. Au bout, on est dans une folie à la Artaud, avec invention de langue. Les rats circulent dans la folie et non plus dans les murs. Mais vous aurez beau jeu de prendre paragraphe à paragraphe chaque avancée du texte, vous serez au défi de trouver le glissement. Le crime au bout est abject : mais qui donc a-t-on tué, dans ce fils par procuration comme une vengeance de celui qu'a pris la guerre européenne ? En fait, tout tient à ce chat, Nigger-Man, ici rendu par Négro – on sait que chez Lovecraft c'est une frontière pas bien saine.
Cette fois, on est loin de Providence. On est dans la vieille Angleterre, ses ruines gothiques et ses fantômes. Et quand Lovecraft, comme d'habitude, remonte le temps, on trouvera les Romains et les druides. Mais ce n'est pas si simple. Edgar Poe aussi situait souvent ses histoires dans les légendes mystérieuses du vieux continent et ses brouillards. Pour lui, avec souvenir autobiographique de son enfance à Londres. Et Lovecraft donne très vite la couleur par rapport à Poe : le narrateur inclut Poe dans son patronyme, et comme c'est une histoire à faire peur, il prend le mot français, et le nom devient De la Poer. Quant aux ancêtres du narrateur, bien sûr c'est en Virginie qu'ils ont émigré (et c'est un beau morceau d'histoire américaine qui surgit, de la guerre de sécession à l'expansion industrielle de Boston, puis la participation américaine aux tranchées de la 1ère guerre mondiale. Attention : texte en reflets, texte trompeur. Logique imparable. Rien qui puisse jamais être pris en défaut dans la cohérence de chaque détail, chaque paragraphe. C'est la bonhomie, qui trompe : le narrateur, par rapport aux étranges visiteurs de Lovecraft, tout pétris de mystique, est un brave homme et ça s'entend dans sa façon de parler. Il y a des clichés (un petit patron de Boston à la retraite, ça ne pense pas comme Hegel, et encore moins comme les sombres éclaireurs de Lovecraft, Huysmans notamment). Mais c'est justement la façon de parler du bonhomme qui participe à la cohérence d'ensemble : il nous raconte honnêtement ce qu'il a vu et ce à quoi il a assisté. Et c'est probablement, ce respect phrase à phrase de toutes les nuances de Lovecraft dans cette majestueuse manipulation de strates très précises de la rhétorique ordinaire, qui était le défi de la traduction. Lovecraft ne parle pas ses textes: chaque bribe de langue est assignée à un temps, un usage, un locuteur précis. Au bout, on est dans une folie à la Artaud, avec invention de langue. Les rats circulent dans la folie et non plus dans les murs. Mais vous aurez beau jeu de prendre paragraphe à paragraphe chaque avancée du texte, vous serez au défi de trouver le glissement. Le crime au bout est abject : mais qui donc a-t-on tué, dans ce fils par procuration comme une vengeance de celui qu'a pris la guerre européenne ? En fait, tout tient à ce chat, Nigger-Man, ici rendu par Négro – on sait que chez Lovecraft c'est une frontière pas bien saine.
L'Alliance au quotidien : Une lecture du livre de Ruth à la lumière de la fête juive de la Pentecôte by Miriam MoscowLumen VitaeDiagnostic expérimental des pulsions : Par le Dr L. Szondi, traduit de l'allemand et adapté par Ruth Bejarano-Pruschy, avec la collaboration de Werner Vicaire et Dick Meyerby Lipot Szondi
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